Voler en hiver 1/3 : une entreprise glaciale

11.12.2020

L’hiver s’est récemment emparé de la Suisse et les premières neiges sont déjà tombées sur le Plateau central et dans les prochains jours, les températures continueront à osciller autour de la ligne du zéro degré. Dans cet article, nous voulons donc accorder plus d’attention à l’exploitation des avions pendant la saison froide et à deux sujets, la planification des vols et le givrage en vol.

Reconnaissance des dangers : Briefing météo
Chaque pilote sait que la neige et le verglas sont très dangereux sur le plan météorologique pour un vol VFR. Pour que ces dangers soient reconnus en hiver, il est nécessaire d’obtenir un exposé météorologique minutieux sur les conditions auxquelles on peut s’attendre en vol. Grâce aux nombreuses informations météorologiques pour l’aviation disponibles aujourd’hui sur Internet, cette préparation est possible, dans certains cas même depuis chez soi sans aucun problème.

En plus des applications météorologiques courantes, les pilotes doivent absolument vérifier les METAR et TAF des aérodromes et des SWC ainsi que les SIGMET (et AIRMET si nécessaire) le long de la route de vol, en prêtant une attention particulière à l’écart, c’est-à-dire à la différence entre la température actuelle et la température du point de rosée. Plus la différence est faible, plus le risque de brouillard est grand. Cependant, les cartes météorologiques publiées fournissent également des informations sur les endroits et les moments où l’on peut s’attendre à du brouillard et, surtout, à de la neige. Si de fortes chutes de neige ou même de la pluie verglaçante sont prévues, un vol doit être reporté si possible.

Danger : givrage en vol
Dans l’air froid et clair, il n’y a pratiquement pas de vapeur d’eau, de sorte que de beaux vols sont possibles en hiver. En exploitation VFR, le givrage en vol est donc plutôt rare, mais il y a quelques points à considérer. Un avion peut être massivement surfondu à haute altitude, même à des températures modérées au sol. Voler dans une zone de précipitations peut entraîner un givrage important en raison du gel des précipitations à la surface de l’avion.

Dans ce cas, la seule mesure efficace consiste à descendre le plus rapidement possible et à amener l’avion dans des couches plus chaudes. Lorsqu’un avion est givré, l’approche doit être effectuée à une vitesse accrue, si possible sans utiliser les volets d’atterrissage. En effet, lorsque les volets d’atterrissage sont sortis, l’avion devient lourd en haut, ce qui doit être compensé en le corrigeant avec la gouverne de profondeur ou le compensateur. Cependant, si ces derniers sont gelés, l’effet de la commande de profondeur est minime, de sorte que l’avion peut se poser sur le nez et s’écraser en raison d’un décrochage au niveau de la queue.

 

Une explication détaillée du “Ice Contaminated Tailplane Stall” peut être trouvée sous le lien suivant :

Une approche sans volets d’atterrissage sortis sur un terrain d’aviation à longue piste doit être envisagée.

Un autre problème dans les conditions de givrage est l’utilisation du pilote automatique. Ce danger est insidieux, car l’effet du compensateur de profondeur diminue progressivement sans que le pilote ne s’en rende compte. Si le pilote automatique n’est plus en mesure de maintenir l’assiette de vol souhaitée, il s’éteint immédiatement et peut surprendre le pilote.
Le danger d’un crash en vol non contrôlé causé par un décrochage est très élevé.

Exemple d’approche à l’atterrissage d’un Cessna Centurion (C210) aux États-Unis : https://www.youtube.com/watch?v=5t4kzdM5xkY&t=172s

Un certain nombre d’autres instruments peuvent devenir inopérants en raison du givrage, par exemple le tube de Pitot, ce qui entraîne la perte de l’affichage de la vitesse. Le chauffage au pitot peut aider. Mais si l’avion n’en a pas, il n’y a qu’une chose à faire, c’est de descendre dans les couches plus chaudes. Si les entrées d’air sont affectées, on peut utiliser de l’air alternatif avec les moteurs à injection de carburant. Enfin, en cas de givrage, le régulateur d’hélice peut être bloqué en position de déplacement. Il n’y a pas de contre-mesure pour cela.

Conclusion : le givrage en vol est insidieux et constitue un grave danger si l’avion n’est pas équipé pour les conditions météorologiques appropriées.

Matériel d’illustration


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